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ANNE LIARDET
La Rade de Brest est un beau point de départ pour aller vérifier qu’aucune mer ne ressemble à une autre...
Elle est mon port d’attache et mon «port d’apprentissage»; j’ai d’abord pataugé dans ses eaux avant de glisser dessus à bord de bateaux qui restent pour moi des références et à bord desquels j’ai observé et écouté «ceux qui savent». Parmi eux , «Maluanca» le bateau paternel affuté pour la régate qui a été pendant quelques années «le bateau à battre» sur la Rade avant de terminer sa vie fracassé sur des rochers pour avoir largué son mouillage lors d’une très violente tempête. J’avais 15 ans , j’étais enragée de tristesse et c’est à ce moment là que j’ai décidé silencieusement que «même sans bateau, je ferai du bateau» . Plus tard, il y a eu «Samsara» mené par «Bill» Venot et son équipage d’allumés géniaux qui m’avaient fait une place à bord et avec qui j’ai énormément appris et puis, «Gastibelza» que Jean, son propriétaire n’hésitait pas à nous confier, à nous, une bande de jeunes qui n’en revenions pas de naviguer sur un si joli «canot».
A Brest, j’ai aussi eu quelques professeurs «es-technique» comme Benoît Lucas, orfèvre en matière de construction navale et dont j’ai retenu au moins deux-trois trucs …Pour ce qui concerne les voiles et les «ficelles», j’ai fait mes classes chez Bertrand Cudennec pendant 2 ans.
Même si les techniques et les matériaux ont beaucoup évolué , ces fondamentaux m’ont sauvé la mise plus d’une fois depuis…
A partir de 1982, armée de ces quelques bonnes bases, de mon envie d'apprendre et probablement d'une bonne dose de culot, je participe à la préparation de bateaux de course pour la Rochelle- la Nouvelle Orléans, la Route du Rhum, Lorient les Bermudes Lorient...Je traverse L'Atlantique deux fois en convoyage, une fois en course avec Jean Claude Parisis à bord du beau Charles Heidsieck III et parcours quelques milliers de milles sur Pen Duick VI .
En 1982 j'avais eu l'occasion de naviguer trois jours en solo: coup de foudre!!! En 1985, pour ma seconde nav' en solitaire, je prends le départ de la Mini Transat à Brest. Au préalable avec l'ami Bernard Audrézet, nous avions empoché la victoire au Mini Fastnet...Un de mes meilleurs souvenirs de course.
Suivront un autre Mini Fastnet, deux «Figaro», La Baule-Dakar, New York-San Francisco, La Route du Rhum et toujours beaucoup de régates.
C'est après la Route du Rhum 1990 que je donne du mou dans les écoutes...Morgan mon fils à seize mois, Margot pointe son nez et Manon arrivera dans la foulée. J'endosse mon rôle de maman.
Après un passage par le Mexique et la Polynésie, retour en France. Séparée du père de mes enfants , je m'installe avec eux à Daoulas, village cerné par les collines et les arbres, la Rade et le port de Brest à portée de main...un petit paradis. Je travaille de nouveau en voilerie avec mon frère Marc et passe le concours d'entrée à l'IUFM auquel je suis admise. Mais le démon de large me fait du pied. Mes enfants ont grandi et je renonce à devenir éventuellement «instit'» . En 2001 je me mets dans le crâne de participer au Vendée Globe 2004: j'étais bien la seule à croire que j'y arriverais.
En 2003 concours de circonstance et gros coup de main de Philippe Monnet et Xavier David ( les histoires de bateau tiennent parfois à de drôles de choses), je me qualifie pour le Vendée Globe sur la course Bahia-la Rochelle. Ca fait treize ans que je n'ai pas navigué en solo, et me voilà à Bahia, devant la ligne à la barre du 60 pieds que me prête Philippe parce que le coureur qui devait le mener s'est désisté une semaine avant le départ. Je n'ai eu que 6 jours de préavis pour organiser les choses pour mes enfants et rejoindre Bahia: très déstabilisant .A l'arrivée, je doute de ma capacité à faire le Vendée mais suis qualifiée. Quinze jours de réflexion... et quelques semaines plus tard, je monte le Bateau à Brest. J'y organise un chantier sur le port de commerce pour préparer la transat Anglaise 2004 en solitaire. Le bateau s'appelle pour l'occasion Quicksilver Edition. Arrivée à Boston...
Je passe sur les nombreuses péripéties qui suivront... Finalement, un mois avant le départ du Vendée Globe, «Roxy» donne son accord...Yeeessss !!!
C'est là que la course commence...J'ai avec moi une équipe de fondus super motivés qui bossent jours et nuits et c'est grâce à cette belle équipe que quelques heures avant le départ, mon bateau est prêt.
Je fais mon tour du monde dans la joie et la bonne humeur, Roxy est satisfait de l'opération et du coup rachète PRB le vainqueur de l'édition . Dans le même temps, (les histoires de bateau tiennent parfois à de drôles de choses) trouvant que «mon âge ne correspond pas à l'image que souhaite véhiculer Roxy», il est décidé que je serai remplacée. Je cours la Jacques Vabre 2005 avec Miranda Merron puis le Rhum 2006 et donne donc les clés du «Bonhomme Roxy» à Sam ( Davies) à Pointe à Pitre.
Anne Liardet vue par la presse (extraits)
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